Les mains sur le grillage qui protège l'accès aux pistes, le nez collé, j'écoute presque admiratif le rugissement des avions qui se préparent au décollage. Cros de Cagnes. Ou Genève, Orly, Roissy-Charles de Gaule....Avec les vieilles jumelles oxydées qui sentent le cuir et le cuivre, je suis la descente puis l'arrondi, les roues qui s'approchent du sol... l'air a la tremblote autour des réacteurs, et les roues se posent soudain dans un crissement des freins et un petit nuage blanc...à deux reprises...et glissent enfin maintenant sur la piste, et toute cette masse blanche flotte derrière le grillage, baleine immense rampant découpée devant les hangars bruns et noirs.
Vacances en Provence, "dans le midi", gorges du Loup et confitures de rose et de lavande, le col de Vence et ses papillons. Marineland et ses dauphins.
Sous la tente dans le camping près de l'aéroport, avec cette chaleur de plein été où l'on transpire sans presque bouger, et la-haut, derrière les lumières clignotantes des longs cigares rugissant montent embrasser les astres de la nuit.
J'avais dix ans, peut-être plus peut-être moins, qu'importe, J'avais les yeux de ces voyages là. Je hissait les bagages dans le compartiments en hauteur, je me transportait ensuite vers le hublot.
Je voyais les passagers en accéléré, ombres furtives et floues, et des lumières et les balises de secours, et les lucioles de la piste et les hôtesses en bleu marine et blanc.
Le ciel devenait tout noir autour au fur et à mesure de la montée.
Un petit vent frais vient de la mer,
je ne peux pas dormir.

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